Qui sommes nous ?

Captation de la Grande Braderie du Grand Paris du 16 Décembre 2018 :

L’assemblée des collectifs en lutte contre Grand Paris, réunie le 13 janvier 2018, ne se résigne pas à voir dans le Grand Paris ce que ses promoteurs daignent nous en montrer, à grands renforts de campagnes de communication aguicheuses et de sites internet léchés. Pour les habitant.e.s d’Île-de-France, le Grand Paris c’est aussi et surtout :

L’accentuation de la spéculation foncière sur toute l’Île-de-France alimentant la hausse des prix du logement, l’épuration sociale dans les quartiers populaires, la crise du logement et son cortège d’expulsions. Les centres économiques, culturels et historiques étant réservés à une population de plus en plus riche, la pression foncière s’exerce jusque dans les quartiers populaires dont les populations modestes sont reléguées à la périphérie et subissent la hausse des prix du logement et des transports.

Le démantèlement des quartiers populaires. Au nom de la mixité sociale, de la lutte contre l’habitat dégradé, ce sont des quartiers entiers qui sont détruits et les habitant.e.s chassés. A travers l’ANRU et les opérations d’urbanisme, des logements sociaux accessibles sont détruits. A la place de ces quartiers HLM, quartiers populaires, friches industrielles, sont construits des immeubles neufs destinés à une autre population et faisant le bonheur des promoteurs et du milieu du BTP.

La privatisation du patrimoine public : résidentialisation et clôture des espaces publics, privatisations d’ensembles d’habitations, de parcs et de jardins… qui imposent des entrées règlementées à des lieux jusqu’à présent ouverts.

Un déni de démocratie à l’échelle locale comme à l’échelle régionale dans la prise de décisions qui impacteront nos milieux de vie pendant des décennies : un Grand Paris opaque sur le plan organisationnel, peu d’information sur les impacts sociaux, économiques et environnementaux négatifs des projets, pas de prise en compte des avis défavorables émis lors des enquêtes publiques, par l’Autorité environnementale ou par d’autres organismes, une concertation caricaturale lorsqu’elle a lieu, le recours systématique à une novlangue qui perd l’auditoire, le contournement voire le non respect des réglementations par les élus, la perpétuation du clientélisme. Plus que jamais, les habitants d’Île-de-France se voient nier leur droit à avoir un minimum de prise sur l’évolution de leur environnement de vie et de travail.

Un désastre environnemental :
On assiste à l’accaparement et à l’artificialisation des terres agricoles au profit de projets discutables (Triangle de Gonesse, Saclay, Villages Nature, Village automobile près de Rambouillet etc.) et ce en dépit de très nombreux espaces à reconvertir, sans parler des logements et bureaux vacants. Une gestion discutable des ressources en eau avec l’accentuation des risques d’inondation et une pression accrue sur les nappes phréatiques. L’allocation de financement à la construction de nouvelles infrastructures routières au détriment des transports propres et collectifs. Un accroissement des inégalités dans l’accès aux espaces verts et autres communs environnementaux.

Des infrastructures de transport en partie injustifiées. Si nous reconnaissons la nécessité d’élargir l’offre de transports en commun en Île-de-France, tous les tronçons du futur Grand Paris Express ne semblent pas nécessairement répondre aux besoins pour les francilien.ne.s. En plus de risquer de retarder encore la rénovation de l’existant,nous constatons que certains projets semblent davantage servir les intérêts économiques des promoteurs que ceux des populations. Ainsi de certains tronçons du futur Grand Paris Express qui relient des centres économiques ou des aéroports sans passer par des bassins d’emploi ou encore des gares prévues dans le seul but de légitimer l’existence de grands projets discutables (cf. la gare en plein champ prévue sur le triangle de Gonesse).

La multiplication des Grands Projets Inutiles et Imposés supposés attirer toujours plus d’habitant.e.s, de touristes, de chercheurs et chercheuses, de travailleurs et travailleuses, d’hommes et de femmes d’affaires et autres investissements dans la région la plus riche d’Europe, accentuant par là une centralisation déjà excessive.

L’accélération de tous ces processus par la « Loi olympique et paralympique » imposée par le Comité International Olympique pour l’organisation des Jeux Olympiques. Cette loi implique de « simplifier » les régulations relatives à l’aménagement l’urbanisation, l’environnement et d’alléger les procédures et autres évaluations. Elle agit ainsi comme un accélérateur du Grand Paris.

Tout ça sur le dos des habitants et au profit d’une volonté surplombante de faire de Paris une « ville-monde » dans la concurrence internationale entre mégapoles.

Face à ces constats, nous collectifs en lutte, réunis en Assemblée contre le Grand Paris, entendons :

– nous réunir régulièrement afin d’échanger sur l’évolution de nos luttes et sur nos modes d’actions,

– nous soutenir dans nos luttes et combats locaux,

– étendre et encourager la multiplication des résistances,

– constituer une force pour faire barrage à ces projets.

Publicités